La France et ses territoires Édition 2021

Cet ouvrage offre un panorama des questions économiques, sociales et environnementales au niveau territorial. En utilisant les zonages d’études actualisés en 2020, l’ouvrage fait le point sur les disparités géographiques en France, sur les forces et faiblesses des divers territoires ainsi que sur les conditions de vie de la population.

Insee Références
Paru le :Paru le29/04/2021
Kevin Chaput, Julie Herviant, Danielle Jabot, Issam Khelladi, Benoît de Lapasse (Insee)
La France et ses territoires- Avril 2021
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Sommaire

Les inégalités territoriales de niveau de vie en France entre 2008 et 2017

Kevin Chaput, Julie Herviant, Danielle Jabot, Issam Khelladi, Benoît de Lapasse (Insee)

Le niveau de vie de la population française n’est pas homogène sur le territoire. Les départements les plus pauvres sont situés dans les DOM, au nord et sur une partie du littoral méditerranéen ; il s’agit aussi de quelques départements isolés comme la Seine-Saint-Denis ou le Lot-et-Garonne. Au sein des aires d’attraction des villes, les plus peuplées comme les moins peuplées, la pauvreté est plus marquée dans les pôles des aires. Les ménages les plus aisés, pour leur part, sont davantage concentrés dans les aires les plus grandes. Les disparités de niveaux de vie entre habitants sont les plus fortes au sein des départements frontaliers, ceux du pourtour méditerranéen et souvent ceux abritant une métropole. Ces disparités de niveau de vie ne tiennent toutefois pas compte des écarts de niveau des prix entre territoires, notamment en ce qui concerne le logement.

Ainsi, différents profils de départements se distinguent, notamment celui de Paris et de la plupart des départements abritant une métropole, où le déficit de ménages à niveau de vie intermédiaire est marqué. Dans le Grand Ouest, les ménages de niveau de vie intermédiaire sont surreprésentés alors qu‘en Seine-Saint-Denis ou dans l’Aisne, ce sont les ménages les plus modestes qui sont surreprésentés.

La crise de 2008 a davantage affecté les départements les plus modestes. Entre 2008 et 2011, les écarts entre hauts et bas revenus se sont accrus au sein de tous les départements. Entre 2012 et 2017, les écarts ont connu une légère baisse, sous l’effet généralement d’une augmentation un peu plus vive des revenus les plus modestes.

Insee Références

Paru le :29/04/2021

Des disparités marquées dans les territoires

En France, en 2017, un habitant sur deux vit avec moins de 21 000 euros par an. À titre d’illustration, ce médian annuel correspond à un de 1 750 euros par mois pour une personne seule, et à 3 700 euros par mois pour un couple avec deux enfants de moins de quatorze ans. Les disparités entre les territoires sont marquées, tant entre départements qu’au sein des départements voire des agglomérations.

Les départements les plus pauvres se situent dans les DOM, au nord et dans une partie du centre et du littoral méditerranéen

Les habitants des départements du nord de la France, de l’ancienne région Languedoc-Roussillon et d’outre-mer (DOM) disposent d’un niveau de vie médian inférieur au niveau national. Il est par exemple de 18 610 euros par an dans le Pas-de-Calais et de 18 560 euros dans l’Aude (figure 1). Le taux de chômage important, respectivement de 11,5 % et 12,5 %, contre 9,4 % en France en 2017, explique en partie ces faibles revenus. Dans le centre de la France également (la Creuse, l’Indre, la Dordogne, etc.), le niveau de vie médian est en deçà du niveau national, mais pour des raisons différentes : les salaires sont faibles et la proportion de retraités modestes est importante. Dans la Creuse, par exemple, le chômage est moins fréquent qu’en France, mais le salaire net horaire moyen est inférieur de 23 % au niveau national. De plus, dans ce département, les retraités sont plus nombreux (40 % des habitants sont des retraités contre 27 % en France métropolitaine) et ont un niveau de vie médian plus faible (18 640 euros contre 21 140 euros pour les retraités en France métropolitaine).

À l’inverse, des populations à plus forts revenus, du fait des salaires plus élevés des travailleurs transfrontaliers, sont situées à proximité de la Suisse, de l’Allemagne ou du Luxembourg. Également, des nombreux retraités aisés s’installent le long du littoral méditerranéen (Menton, Nice, Saint-Tropez, etc.), océanique (La Rochelle, les Sables-d’Olonne) ou même de la Manche (Cabourg, Deauville, Granville). Le revenu médian est élevé aussi autour de certaines régions viticoles (Champagne, Bourgogne). Mais c’est surtout dans les plus grandes villes que le niveau de vie est le plus important, en premier lieu en Île-de-France, mais également dans les plus grandes métropoles (Lyon, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Strasbourg) qui bénéficient d’une forte proportion d’emplois qualifiés.

Figure 1 - Niveau de vie médian par département en 2017

en euros
Figure 1 - Niveau de vie médian par département en 2017 (en euros) - Lecture : en Haute-Garonne, la moitié de la population a un niveau de vie supérieur à 22 510 euros.
Départements Niveau de vie médian
01 Ain 22 640
02 Aisne 19 100
03 Allier 19 750
04 Alpes-de-Haute-Provence 19 940
05 Hautes-Alpes 20 350
06 Alpes-Maritimes 21 590
07 Ardèche 20 150
08 Ardennes 19 040
09 Ariège 19 190
10 Aube 19 820
11 Aude 18 560
12 Aveyron 20 090
13 Bouches-du-Rhône 20 800
14 Calvados 20 880
15 Cantal 19 880
16 Charente 20 070
17 Charente-Maritime 20 610
18 Cher 20 240
19 Corrèze 20 410
21 Côte-d'Or 21 680
22 Côtes-d'Armor 20 590
23 Creuse 18 820
24 Dordogne 19 540
25 Doubs 21 900
26 Drôme 20 440
27 Eure 21 060
28 Eure-et-Loir 21 360
29 Finistère 21 030
2A Corse-du-Sud 20 860
2B Haute-Corse 19 260
30 Gard 19 490
31 Haute-Garonne 22 510
32 Gers 20 130
33 Gironde 21 710
34 Hérault 19 850
35 Ille-et-Vilaine 21 470
36 Indre 19 620
37 Indre-et-Loire 21 100
38 Isère 22 260
39 Jura 21 050
40 Landes 20 800
41 Loir-et-Cher 20 720
42 Loire 20 220
43 Haute-Loire 20 140
44 Loire-Atlantique 21 910
45 Loiret 21 280
46 Lot 20 220
47 Lot-et-Garonne 19 300
48 Lozère 19 770
49 Maine-et-Loire 20 440
50 Manche 20 300
51 Marne 21 020
52 Haute-Marne 19 700
53 Mayenne 20 170
54 Meurthe-et-Moselle 20 990
55 Meuse 19 890
56 Morbihan 20 940
57 Moselle 21 050
58 Nièvre 19 810
59 Nord 19 490
60 Oise 21 500
61 Orne 19 530
62 Pas-de-Calais 18 610
63 Puy-de-Dôme 21 330
64 Pyrénées-Atlantiques 21 250
65 Hautes-Pyrénées 19 910
66 Pyrénées-Orientales 18 880
67 Bas-Rhin 22 090
68 Haut-Rhin 22 490
69 Rhône 22 410
70 Haute-Saône 20 090
71 Saône-et-Loire 20 230
72 Sarthe 20 490
73 Savoie 22 460
74 Haute-Savoie 25 700
75 Paris 27 400
76 Seine-Maritime 20 620
77 Seine-et-Marne 22 820
78 Yvelines 26 130
79 Deux-Sèvres 20 180
80 Somme 19 720
81 Tarn 19 880
82 Tarn-et-Garonne 19 560
83 Var 21 050
84 Vaucluse 19 400
85 Vendée 20 720
86 Vienne 20 350
87 Haute-Vienne 20 400
88 Vosges 19 660
89 Yonne 20 230
90 Territoire de Belfort 21 310
91 Essonne 23 360
92 Hauts-de-Seine 27 090
93 Seine-Saint-Denis 17 310
94 Val-de-Marne 22 290
95 Val-d'Oise 21 470
971 Guadeloupe 15 720
972 Martinique 17 580
973 Guyane 11 040
974 La Réunion 15 020
976 Mayotte 3 120
France métropolitaine 21 110
  • Lecture : en Haute-Garonne, la moitié de la population a un niveau de vie supérieur à 22 510 euros.
  • Source : Insee, Filosofi 2017 pour la France métropolitaine, la Martinique et La Réunion ; enquête Budget de famille 2017 pour la Guadeloupe, la Guyane et Mayotte.

Figure 1 - Niveau de vie médian par département en 2017

  • Lecture : en Haute-Garonne, la moitié de la population a un niveau de vie supérieur à 22 510 euros.
  • Source : Insee, Filosofi 2017 pour la France métropolitaine, la Martinique et La Réunion ; enquête Budget de famille 2017 pour la Guadeloupe, la Guyane et Mayotte.

La taille de l’, qui définit l’étendue de l’influence d’un pôle sur les communes environnantes à travers les déplacements domicile-travail, et la position des communes au sein de l’aire expliquent également les écarts de niveau de vie. De manière générale, le niveau de vie médian est plus élevé dans les aires plus peuplées et, à l’intérieur des aires, il est plus élevé dans la que dans le (figure 2). Les habitants du pôle de l’aire de Paris disposent annuellement de 2 110 euros de plus que ceux des pôles des aires de 700 000 habitants ou plus, et ces derniers perçoivent eux-mêmes 1 070 euros de plus en moyenne que les habitants des aires de 200 000 à 700 000 habitants. Ces écarts ne tiennent pas compte des différences de coût de la vie, lequel est notamment plus élevé à Paris. Les habitants des pôles d’aires de 50 000 à 200 000 habitants ont le niveau de vie le plus faible. Ces écarts tiennent notamment au profil de la population active dans ces territoires : le taux d’emploi des 25-64 ans est de plus de 75 % dans le pôle de Paris, proche de 70 % dans les pôles des aires de 700 000 habitants ou plus et atteint seulement 66 % dans les autres pôles, un tiers des personnes en emploi du pôle de Paris sont cadres, un quart dans ceux des aires de 700 000 habitants ou plus contre moins d’un cinquième ailleurs.

Les couronnes regroupent globalement une population plus aisée que leur pôle, et ce indépendamment de la taille de l’aire. Les résidents des couronnes des aires de 700 000 habitants ou plus bénéficient par exemple d’un revenu disponible médian supérieur de près de 10 % à celui de la population de leur pôle. Le taux d’emploi y est généralement supérieur à celui de leur pôle.

Figure 2 - 1er décile, médiane et 9e décile de niveau de vie en 2017 selon la taille des aires d’attraction des villes

en euros
Figure 2 - 1er décile, médiane et 9e décile de niveau de vie en 2017 selon la taille des aires d’attraction des villes (en euros) - Lecture : le 9e décile des habitants du pôle de l’aire de Paris est le plus élevé de tous les territoires.
1er décile
(10 % les plus pauvres)
Médiane 9e décile
(10 % les plus aisés)
Aire de Paris
Pôle 10 483 22 884 48 248
Couronne 13 000 23 708 40 374
700 000 habitants ou plus (hors Paris)
Pôle 10 256 20 774 39 774
Couronne 12 936 23 031 40 255
200 000 à 700 000 habitants
Pôle 10 137 19 702 36 775
Couronne 12 686 21 937 36 822
50 000 à 200 000 habitants
Pôle 10 081 18 927 34 326
Couronne 12 374 21 051 34 409
Moins de 50 000 habitants
Pôle 10 705 19 301 33 254
Couronne 11 930 20 355 33 159
Communes hors d’attraction des villes 11 237 19 773 33 057
  • Lecture : le 9e décile des habitants du pôle de l’aire de Paris est le plus élevé de tous les territoires.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, Filosofi 2017.

Figure 2 - 1er décile, médiane et 9e décile de niveau de vie en 2017 selon la taille des aires d’attraction des villes

  • Lecture : le 9e décile des habitants du pôle de l’aire de Paris est le plus élevé de tous les territoires.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, Filosofi 2017.

Les inégalités entre individus sont plus marquées dans les pôles des aires, les plus peuplées comme les moins peuplées

Les disparités peuvent être approchées non seulement en comparant les territoires entre eux mais aussi en comparant la situation des habitants à l’intérieur d’un territoire donné. Le  mesure les contrastes sociaux entre les 10 % des personnes les plus aisées et les 10 % les plus modestes.

Les bas revenus sont surtout concentrés dans les pôles (figure 2). Globalement, au sein des pôles, les 10 % des personnes les plus modestes ont des niveaux de vie inférieurs à 10 200 euros par an, contre 12 000 euros dans les couronnes. Cette situation défavorable des pôles se retrouve dans l’ensemble des aires, même si elle est moins marquée dans les plus petites (moins de 50 000 habitants).

À l’image des différences entre départements, les disparités entre pôles découlent partiellement de leur situation géographique. Dans les Hauts-de-France et le Grand Est, les niveaux de vie des 10 % les plus modestes sont plus faibles : moins de 9 700 euros pour les pôles de Strasbourg, Mulhouse et Metz ; moins de 8 800 euros et 9 100 euros respectivement pour ceux de Maubeuge et de Calais. Dans ces deux dernières aires, la part moyenne de leur revenu provenant des minima sociaux est très importante, respectivement 18 % et 14 % contre 6 % en France métropolitaine. Dans les aires du pourtour méditerranéen – hors Côte d’Azur –, les revenus plafonds des 10 % les plus modestes sont aussi en retrait par rapport au niveau national : dans les pôles de Marseille, Montpellier et Narbonne, un habitant sur dix a un niveau de vie inférieur à 9 400 euros par an. Cette valeur s’élève à 8 200 euros pour Béziers et 9 100 euros pour Nîmes et Perpignan. Il en est de même dans les DOM où 10 % des habitants du pôle de l’aire de Fort-de-France vivent avec moins de 8 950 euros, 8 600 euros pour ceux de Saint-Denis de La Réunion et 8 000 euros pour ceux de Saint-Pierre – Le Tampon.

D’une façon générale, les très hauts revenus sont concentrés dans les grandes aires, où les cadres sont plus présents. Au sein de ces aires quelle que soit leur taille hormis le cas particulier de l’aire de Paris, il existe très peu de différence entre les pôles et les couronnes. Dans les couronnes, les écarts de revenus sont le plus souvent moindres que dans leur pôle : le niveau de vie des habitants les plus modestes y est plus élevé et celui des plus aisés similaire.

Les disparités entre habitants sont les plus fortes au sein des départements frontaliers, la plupart de ceux abritant une métropole et ceux du pourtour méditerranéen

Les disparités de niveau de vie infra-départementales sont fortes dans le nord de la France, en Seine-Saint-Denis et sur le littoral méditerranéen en raison des faibles niveaux de vie des plus modestes. Dans les autres départements franciliens, les départements transfrontaliers, en Haute-Garonne et dans la Marne, c’est davantage le niveau de vie élevé des 10 % des habitants les plus aisés qui tire les disparités vers le haut. Certains départements cumulent ces deux facteurs : outre Paris, c’est le cas du Val-d’Oise, des Bouches-du-Rhône ou encore des Alpes-Maritimes. À l’inverse, en Bretagne et dans les Pays de la Loire, les inégalités de niveau de vie sont les plus faibles, y compris dans les départements qui abritent une métropole comme Nantes, Rennes ou Brest (figure 3).

Figure 3a - Niveau de vie et inégalités par département en 2017

en euros annuels
Figure 3a - Niveau de vie et inégalités par département en 2017 (en euros annuels) - Lecture : le niveau de vie plafond des individus les plus modestes (1er décile) est plus faible dans le nord et le sud de la France.
Départements 1er décile de niveau de vie
01 Ain 12 460
02 Aisne 10 440
03 Allier 11 070
04 Alpes-de-Haute-Provence 10 730
05 Hautes-Alpes 11 430
06 Alpes-Maritimes 10 820
07 Ardèche 11 340
08 Ardennes 10 350
09 Ariège 10 280
10 Aube 10 840
11 Aude 9 910
12 Aveyron 11 490
13 Bouches-du-Rhône 10 210
14 Calvados 11 930
15 Cantal 11 720
16 Charente 11 150
17 Charente-Maritime 11 710
18 Cher 11 210
19 Corrèze 11 760
21 Côte-d'Or 12 210
22 Côtes-d'Armor 12 090
23 Creuse 10 430
24 Dordogne 10 830
25 Doubs 12 020
26 Drôme 11 230
27 Eure 11 840
28 Eure-et-Loir 11 840
29 Finistère 12 460
2A Corse-du-Sud 10 620
2B Haute-Corse 9 810
30 Gard 10 110
31 Haute-Garonne 11 640
32 Gers 11 210
33 Gironde 11 760
34 Hérault 10 110
35 Ille-et-Vilaine 12 480
36 Indre 11 320
37 Indre-et-Loire 11 730
38 Isère 12 230
39 Jura 12 080
40 Landes 12 120
41 Loir-et-Cher 11 740
42 Loire 11 270
43 Haute-Loire 11 980
44 Loire-Atlantique 12 610
45 Loiret 11 520
46 Lot 11 150
47 Lot-et-Garonne 10 740
48 Lozère 11 220
49 Maine-et-Loire 12 210
50 Manche 12 030
51 Marne 11 250
52 Haute-Marne 11 280
53 Mayenne 12 210
54 Meurthe-et-Moselle 11 140
55 Meuse 11 160
56 Morbihan 12 260
57 Moselle 11 110
58 Nièvre 11 010
59 Nord 10 400
60 Oise 11 700
61 Orne 11 060
62 Pas-de-Calais 10 510
63 Puy-de-Dôme 11 750
64 Pyrénées-Atlantiques 11 920
65 Hautes-Pyrénées 11 150
66 Pyrénées-Orientales 9 990
67 Bas-Rhin 11 600
68 Haut-Rhin 11 660
69 Rhône 11 400
70 Haute-Saône 11 670
71 Saône-et-Loire 11 780
72 Sarthe 11 700
73 Savoie 12 730
74 Haute-Savoie 13 080
75 Paris 10 510
76 Seine-Maritime 11 270
77 Seine-et-Marne 12 060
78 Yvelines 12 920
79 Deux-Sèvres 11 940
80 Somme 10 860
81 Tarn 11 140
82 Tarn-et-Garonne 10 790
83 Var 10 900
84 Vaucluse 10 110
85 Vendée 12 900
86 Vienne 11 380
87 Haute-Vienne 11 070
88 Vosges 11 110
89 Yonne 11 360
90 Territoire de Belfort 11 400
91 Essonne 11 660
92 Hauts-de-Seine 11 920
93 Seine-Saint-Denis 8 780
94 Val-de-Marne 10 560
95 Val-d'Oise 10 590
971 Guadeloupe 7200
972 Martinique 8710
973 Guyane 4320
974 La Réunion 8100
976 Mayotte 0
  • Lecture : le niveau de vie plafond des individus les plus modestes (1er décile) est plus faible dans le nord et le sud de la France.
  • Source : Insee, Filosofi 2017, enquête Budget des familles 2017 pour les DOM.

Figure 3a - Niveau de vie et inégalités par département en 2017

  • Lecture : le niveau de vie plafond des individus les plus modestes (1er décile) est plus faible dans le nord et le sud de la France.
  • Source : Insee, Filosofi 2017, enquête Budget des familles 2017 pour les DOM.

Les niveaux de vie des plus modestes sont particulièrement bas dans les départements du nord de la France (Ardennes, Aisne, Pas-de-Calais, Nord). 10 % des habitants de ces départements ont un niveau de vie inférieur à 10 500 euros par an. Ce niveau est encore plus faible sur le littoral méditerranéen, des Bouches-du-Rhône aux Pyrénées-Orientales (autour de 10 000 euros). La situation sociale y est dégradée : le taux de chômage est important, plus de 6 % des habitants de 15 à 64 ans sont allocataires du RSA (4,5 % en France) et près de 20 % des jeunes de 15 à 24 ans ne sont ni en emploi ni en formation (16,8 % en moyenne en France). À l’opposé, dans les départements de l’ouest de la France (Bretagne et Pays de la Loire) ainsi que dans ceux des Alpes, dans le Jura, le Doubs et la Côte-d’Or, le plafond des revenus des 10 % les plus modestes est plus élevé qu’ailleurs (12 100 euros). En Île-de-France, les situations des départements sont très contrastées. Dans les Yvelines un habitant sur dix dispose de moins de 12 900 euros par an. Dans le Val-d’Oise, à Paris et dans le Val-de-Marne, ce seuil est de 10 500 euros et de seulement 8 800 euros en Seine-Saint-Denis. Le seuil de niveau de vie des 10 % d‘habitants les plus pauvres des DOM est encore  : 7 560 euros par an en Martinique et à La Réunion, 7 200 euros en Guadeloupe et moitié moins en Guyane (4 320 euros). À Mayotte, une partie de la population ne disposant d’aucun revenu stable, ce seuil est même nul pour les 10 % les plus pauvres.

En France métropolitaine, un habitant sur dix vit avec plus de 34 500 euros par an en 2017. Tout comme la situation des 10 % les plus modestes, celle des 10 % des personnes les plus aisées varie beaucoup d’un département à l’autre. Dans les départements limitrophes avec l’Allemagne ou la Suisse, les 10 % les plus aisés des habitants disposent d’un revenu par unité de consommation annuel supérieur à 40 000 euros. En Haute-Savoie, en particulier, les 10 % les plus aisés ont un niveau de vie supérieur à 54 500 euros, de nombreux transfrontaliers travaillant dans le canton de Genève. Les départements comportant une métropole (Bouches-du-Rhône, Haute-Garonne, Gironde, etc.) se démarquent également par des niveaux de vie élevés (au-delà de 38 000 euros) pour les 10 % les plus aisés du fait de la surreprésentation de cadres dans les métropoles. Au sein des départements de l’Île-de-France, à l’exception de la Seine-Saint-Denis, les revenus des 10 % les plus aisés sont bien supérieurs. En particulier, 10 % des Parisiens ont un niveau de vie de plus de 65 800 euros par an et de plus de 57 800 euros pour les habitants des Hauts-de-Seine. D’ailleurs Paris, où cohabitent à la fois des populations très aisées et d’autres qui le sont nettement moins, est, de loin, le département qui connaît l’hétérogénéité des revenus la plus forte en métropole. Cette hétérogénéité des revenus au sein d’un territoire d’étendue limitée confère à Paris un caractère ambivalent : la capitale peut être perçue à la fois comme un territoire d’inégalités ou qui préserve une certaine mixité sociale.

Des niveaux de vie plus faibles couplés à des inégalités marquées dans les DOM

Dans les DOM, le niveau de vie médian est très inférieur à celui de la métropole. Aux Antilles, il ne représente que 80 % de celui de la métropole, 68 % à La Réunion. Dans les deux autres départements, la situation est encore plus défavorable. En Guyane, le niveau de vie médian des habitants ne représente que la moitié de celui de la métropole. À Mayotte, la moitié de la population vit avec moins de 260 euros par mois. Les écarts sont en revanche moins marqués pour les hauts revenus. Le seuil définissant les 10 % des personnes les plus aisées dans les DOM hors Mayotte est du même ordre de grandeur qu’en France métropolitaine. Les inégalités sont donc très prononcées avec un rapport interdécile proche de 5 aux Antilles, et atteignant 7,8 en Guyane. Différents facteurs peuvent expliquer cette situation : le taux de chômage est très élevé (plus de 10 points au-dessus du niveau métropolitain pour les DOM historiques en 2017), la proportion de non-diplômés est importante (plus de 40 % pour La Réunion et les Antilles, 53 % pour la Guyane) ou encore l’illettrisme est particulièrement répandu à Mayotte (la moitié des jeunes ayant passé la Journée défense et citoyenneté en 2015 selon l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme).

Six profils de départements selon le niveau de vie des habitants

Les résultats présentés jusqu’ici traitent des inégalités en accordant une importance toute particulière aux revenus extrêmes, à savoir ceux des 10 % les plus modestes et des 10 % les plus riches. Il est possible de prolonger l’analyse en étudiant comment se répartissent, au sein de chaque département, toutes les catégories de revenus. À partir de la proportion de la population appartenant à dix groupes délimités par les déciles de revenus calculés au niveau national, une classification des départements français est proposée. Ainsi, en tenant compte de la répartition de l’ensemble des niveaux de vie, et pas seulement des plus aisés et des plus modestes, six profils de départements se dégagent (figure 4 et figure 5).

Figure 4 - Distribution des niveaux de vie en 2017 selon le profil des départements

en %
Figure 4 - Distribution des niveaux de vie en 2017 selon le profil des départements (en %) - Lecture : dans les « départements pauvres » (profil A), 15,3 % des habitants font partie des 10 % des personnes les plus pauvres de France métropolitaine, Martinique et Réunion. Cela signifie que les personnes les plus pauvres sont surreprésentées dans ces départements.
1er décile 2e décile 3e décile 4e décile Médiane 6e décile 7e décile 8e décile 9e décile 10e décile
A – Départements pauvres 15,3 13,4 11,5 10,4 9,5 9 8,6 8,2 7,6 6,5
B – Départements de classe moyenne inférieure 9,6 10,8 11,4 11,5 11,4 11 10,4 9,4 8,2 6,3
C – Départements de classe moyenne  7,5 9,1 10,5 11,3 11,7 11,7 11,2 10,5 9,3 7,2
D – Départements aisés 7,8 8,4 9 9,5 10 10,6 11,2 11,6 11,7 10,3
E – Départements très aisés 6,3 6,3 6,6 6,9 7,4 8,2 9,5 11,6 14,9 22,2
F – Départements de métropoles 10,2 9,2 8,6 8,4 8,3 8,6 9,3 10,3 11,9 15,1
  • Note : la Guadeloupe, la Guyane et Mayotte ne sont pas pris en compte car les sources sont différentes.
  • Lecture : dans les « départements pauvres » (profil A), 15,3 % des habitants font partie des 10 % des personnes les plus pauvres de France métropolitaine, Martinique et Réunion. Cela signifie que les personnes les plus pauvres sont surreprésentées dans ces départements.
  • Champ : France métropolitaine, la Martinique et La Réunion.
  • Source : Insee, Filosofi 2017.

Figure 4 - Distribution des niveaux de vie en 2017 selon le profil des départements

  • Note : la Guadeloupe, la Guyane et Mayotte ne sont pas pris en compte car les sources sont différentes.
  • Lecture : dans les « départements pauvres » (profil A), 15,3 % des habitants font partie des 10 % des personnes les plus pauvres de France métropolitaine, Martinique et Réunion. Cela signifie que les personnes les plus pauvres sont surreprésentées dans ces départements.
  • Champ : France métropolitaine, la Martinique et La Réunion.
  • Source : Insee, Filosofi 2017.

Figure 5 – Six profils de départements selon la distribution des niveaux de vie en 2017

Figure 5 – Six profils de départements selon la distribution des niveaux de vie en 2017 - Lecture : les départements de la Bretagne appartiennent au même profil, les départements de classe moyenne.
Départements Profil
01 Ain D – Départements aisés
02 Aisne A – Départements pauvres
03 Allier B – Départements de classe moyenne inférieure
04 Alpes-de-Haute-Provence B – Départements de classe moyenne inférieure
05 Hautes-Alpes B – Départements de classe moyenne inférieure
06 Alpes-Maritimes F – Départements des grandes métropoles
07 Ardèche B – Départements de classe moyenne inférieure
08 Ardennes A – Départements pauvres
09 Ariège A – Départements pauvres
10 Aube B – Départements de classe moyenne inférieure
11 Aude A – Départements pauvres
12 Aveyron B – Départements de classe moyenne inférieure
13 Bouches-du-Rhône F – Départements des grandes métropoles
14 Calvados C – Départements de classe moyenne
15 Cantal B – Départements de classe moyenne inférieure
16 Charente B – Départements de classe moyenne inférieure
17 Charente-Maritime B – Départements de classe moyenne inférieure
18 Cher B – Départements de classe moyenne inférieure
19 Corrèze B – Départements de classe moyenne inférieure
21 Côte-d'Or C – Départements de classe moyenne
22 Côtes-d'Armor C – Départements de classe moyenne
23 Creuse A – Départements pauvres
24 Dordogne B – Départements de classe moyenne inférieure
25 Doubs D – Départements aisés
26 Drôme B – Départements de classe moyenne inférieure
27 Eure C – Départements de classe moyenne
28 Eure-et-Loir C – Départements de classe moyenne
29 Finistère C – Départements de classe moyenne
2A Corse-du-Sud F – Départements des grandes métropoles
2B Haute-Corse A – Départements pauvres
30 Gard A – Départements pauvres
31 Haute-Garonne F – Départements des grandes métropoles
32 Gers B – Départements de classe moyenne inférieure
33 Gironde D – Départements aisés
34 Hérault A – Départements pauvres
35 Ille-et-Vilaine C – Départements de classe moyenne
36 Indre B – Départements de classe moyenne inférieure
37 Indre-et-Loire C – Départements de classe moyenne
38 Isère D – Départements aisés
39 Jura C – Départements de classe moyenne
40 Landes C – Départements de classe moyenne
41 Loir-et-Cher C – Départements de classe moyenne
42 Loire B – Départements de classe moyenne inférieure
43 Haute-Loire C – Départements de classe moyenne
44 Loire-Atlantique C – Départements de classe moyenne
45 Loiret C – Départements de classe moyenne
46 Lot B – Départements de classe moyenne inférieure
47 Lot-et-Garonne A – Départements pauvres
48 Lozère B – Départements de classe moyenne inférieure
49 Maine-et-Loire C – Départements de classe moyenne
50 Manche C – Départements de classe moyenne
51 Marne F – Départements des grandes métropoles
52 Haute-Marne B – Départements de classe moyenne inférieure
53 Mayenne C – Départements de classe moyenne
54 Meurthe-et-Moselle F – Départements des grandes métropoles
55 Meuse B – Départements de classe moyenne inférieure
56 Morbihan C – Départements de classe moyenne
57 Moselle F – Départements des grandes métropoles
58 Nièvre B – Départements de classe moyenne inférieure
59 Nord A – Départements pauvres
60 Oise C – Départements de classe moyenne
61 Orne B – Départements de classe moyenne inférieure
62 Pas-de-Calais A – Départements pauvres
63 Puy-de-Dôme C – Départements de classe moyenne
64 Pyrénées-Atlantiques C – Départements de classe moyenne
65 Hautes-Pyrénées B – Départements de classe moyenne inférieure
66 Pyrénées-Orientales A – Départements pauvres
67 Bas-Rhin D – Départements aisés
68 Haut-Rhin F – Départements des grandes métropoles
69 Rhône F – Départements des grandes métropoles
70 Haute-Saône C – Départements de classe moyenne
71 Saône-et-Loire B – Départements de classe moyenne inférieure
72 Sarthe C – Départements de classe moyenne
73 Savoie D – Départements aisés
74 Haute-Savoie E – Départements très aisés
75 Paris F – Départements des grandes métropoles
76 Seine-Maritime B – Départements de classe moyenne inférieure
77 Seine-et-Marne D – Départements aisés
78 Yvelines E – Départements très aisés
79 Deux-Sèvres C – Départements de classe moyenne
80 Somme B – Départements de classe moyenne inférieure
81 Tarn B – Départements de classe moyenne inférieure
82 Tarn-et-Garonne B – Départements de classe moyenne inférieure
83 Var F – Départements des grandes métropoles
84 Vaucluse A – Départements pauvres
85 Vendée C – Départements de classe moyenne
86 Vienne B – Départements de classe moyenne inférieure
87 Haute-Vienne B – Départements de classe moyenne inférieure
88 Vosges B – Départements de classe moyenne inférieure
89 Yonne B – Départements de classe moyenne inférieure
90 Territoire de Belfort F – Départements des grandes métropoles
91 Essonne F – Départements des grandes métropoles
92 Hauts-de-Seine F – Départements des grandes métropoles
93 Seine-Saint-Denis A – Départements pauvres
94 Val-de-Marne F – Départements des grandes métropoles
95 Val-d'Oise F – Départements des grandes métropoles
971 Guadeloupe Non disponible
972 Martinique A – Départements pauvres
973 Guyane Non disponible
974 La Réunion A – Départements pauvres
976 Mayotte Non disponible
  • Lecture : les départements de la Bretagne appartiennent au même profil, les départements de classe moyenne.
  • Champ : France Métropolitaine, Martinique, La Réunion.
  • Source : Insee, Filosofi 2017.

Figure 5 – Six profils de départements selon la distribution des niveaux de vie en 2017

  • Lecture : les départements de la Bretagne appartiennent au même profil, les départements de classe moyenne.
  • Champ : France Métropolitaine, Martinique, La Réunion.
  • Source : Insee, Filosofi 2017.
  • « Les départements pauvres » (profil A, 16 départements) se situent le plus souvent dans le nord (Aisne, Ardennes, Nord, Pas-de-Calais) et le sud (de l’Ariège et des Pyrénées-Orientales au Vaucluse). Ce profil inclut aussi la Seine-Saint-Denis et les DOM. Les habitants les plus pauvres y sont surreprésentés (29 % de la population de ces départements ont un revenu inférieur au 2e décile, contre 20 % par construction au niveau national), et symétriquement les individus les plus aisés sont sous-représentés.
  • « Les départements de classe moyenne inférieure » (profil B, 32 départements) se situent principalement dans le centre de la France : le Cher, la Corrèze, la Loire, le Lot, le Tarn, la Vienne, mais aussi la Seine-Maritime et les Hautes-Pyrénées. Les populations les plus surreprésentées sont celles ayant un niveau de vie un peu inférieur à la médiane nationale. Les habitants ayant un revenu compris entre le 2e et le 5e décile national de niveau de vie représentent 34 % de la population de ces départements contre 30 % par construction en France métropolitaine. La proportion des personnes les plus modestes est la même qu’au niveau national (proche de 10 %), en revanche, seuls 6,3 % des habitants ont un niveau de vie supérieur au 9e décile du niveau de vie national.
  • « Les départements de classe moyenne » (profil C, 25 départements) sont situés majoritairement dans l’ouest comme le Calvados, l’Eure, l’Eure-et-Loir, le Finistère, ou dans le Loiret. Les individus les plus surreprésentés sont ceux du centre de la distribution des revenus, entre le 3e et le 7e décile, avec 46 % de la population (contre 40 % s’il n’y avait pas de surreprésentation), alors que les populations les plus modestes et les plus aisées sont sous-représentées.
  • « Les départements aisés » (profil D, 7 départements) sont ceux du Doubs, de la Gironde, du Bas-Rhin, de Savoie. Ils sont souvent industriels, frontaliers, situés à l’Est et dans les Alpes ou abritent une métropole. À l’exception des 10 % les plus riches, la population y est d’autant plus surreprésentée que son niveau de vie est plus élevé : 35 % entre le 6e et le 9e décile.
  • « Les départements très aisés » (profil E) sont ceux des Yvelines et de la Haute-Savoie, du fait de la proximité avec Genève. La proportion des habitants aisés est très élevée (22 % de ces habitants bénéficient d’un niveau de vie supérieur au 9e décile de la France métropolitaine), celle des plus modestes est très basse : 19 % de la population a un niveau de vie inférieur au 3e décile pour ces deux départements, la proportion serait de 30 % si elle était similaire à celle de la France.
  • « Les départements de métropoles » (profil F, 16 départements) regroupent ceux de certaines métropoles comme Toulouse, Lyon, Marseille, Nice et cinq départements de l’Île-de-France, notamment Paris et les Hauts-de-Seine. Les personnes disposant d’un niveau de vie intermédiaire y sont sous-représentées. Ainsi celles ayant un niveau de vie compris entre les 3e et 6e décile représentent 25 % de la population, contre 30 % s’il n’y avait pas de sous-représentation. Les populations les plus aisées y sont à l’inverse surreprésentées : entre le 8e et le 9e décile et au-dessus du 9e décile national on compte respectivement 12 % et 15 % de la population du département, sans que les populations défavorisées soient sous-représentées (10 % de la population de ce profil a un niveau de vie inférieur au 1er décile calculé au niveau national).

Les départements les plus modestes ont été les plus touchés par la crise de 2008

Au début des années 2000, les écarts de niveau de vie médian entre départements étaient en recul, mais la crise de 2008 a inversé la tendance. En effet, elle a plus touché les départements présentant un faible niveau de vie médian, augmentant ainsi les inégalités entre départements. Par exemple, le niveau de vie médian a nettement reculé dans le Pas-de-Calais, l’Aude, l’Aisne et l’Orne (– 0,8 % par an en moyenne entre 2008 et 2011 en euros constants). Au cours de cette période, il a aussi fortement baissé en Seine-Saint-Denis (– 1,8 % par an) (figure 6). La crise de 2008 a particulièrement affecté les départements industriels où le niveau de vie de la population était déjà relativement bas : les Vosges, la Haute-Saône, la Haute-Marne ; département moins pauvre, l’Aube est également en net recul entre 2008 et 2011 (– 0,7 % en euros constants). L’emploi industriel y a régressé de plus de 15 % en trois ans, de même que dans tous les départements des Hauts-de-France hormis le Nord. Les seuls départements avec une forte part d’activité industrielle (plus de 18 % de l’emploi en 2007) où la baisse du niveau de vie est restée limitée, voire n’a pas eu lieu entre 2008 et 2011, sont ceux limitrophes du Luxembourg, de l’Allemagne et de la Suisse. Les revenus de la population résidente sont soutenus par ceux des travailleurs transfrontaliers qui travaillent dans les métropoles de Genève, Bâle ou Sarrebruck et dont le nombre est en forte croissance (+ 2,8 % par an en moyenne sur cette période). Plus généralement, les départements où le niveau de vie médian progresse en euros constants entre 2008 et 2011 abritent une grande métropole (Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes et l’ouest de la région parisienne) ou sont dans l’influence d’une métropole étrangère, le niveau de vie médian étant déjà élevé. On doit rajouter à cette liste la Corse.

Figure 6a – Évolution annuelle moyenne du niveau de vie départemental selon le niveau de vie de départ entre 2008 et 2011

en %
Figure 6a – Évolution annuelle moyenne du niveau de vie départemental selon le niveau de vie de départ entre 2008 et 2011 (en %) - Lecture : le département de rang 1 (Paris) est celui dont le niveau de vie médian de la population est le plus élevé.
Départements Rang en 2008 Évolution annuelle moyenne
entre 2008 et 2011
01 Ain 13 + 0,14
02 Aisne 88 - 0,88
03 Allier 78 - 0,65
04 Alpes-de-Haute-Provence 63 - 0,26
05 Hautes-Alpes 53 - 0,33
06 Alpes-Maritimes 20 - 0,08
07 Ardèche 65 - 0,55
08 Ardennes 91 - 0,74
09 Ariège 86 - 0,85
10 Aube 52 - 0,69
11 Aude 93 - 0,92
12 Aveyron 70 - 0,46
13 Bouches-du-Rhône 37 0,00
14 Calvados 36 - 0,26
15 Cantal 87 - 0,46
16 Charente 59 - 0,68
17 Charente-Maritime 49 - 0,39
18 Cher 48 - 0,61
19 Corrèze 50 - 0,39
21 Côte-d'Or 19 - 0,17
22 Côtes-d'Armor 47 - 0,43
23 Creuse 95 - 0,73
24 Dordogne 77 - 0,81
25 Doubs 25 + 0,22
26 Drôme 55 - 0,40
27 Eure 24 - 0,48
28 Eure-et-Loir 17 - 0,44
29 Finistère 34 - 0,30
2A Corse-du-Sud 89 + 0,06
2B Haute-Corse 89 + 0,06
30 Gard 82 - 0,56
31 Haute-Garonne 9 + 0,08
32 Gers 61 - 0,32
33 Gironde 23 + 0,06
34 Hérault 68 - 0,44
35 Ille-et-Vilaine 21 - 0,29
36 Indre 75 - 0,56
37 Indre-et-Loire 27 - 0,22
38 Isère 14 - 0,16
39 Jura 40 - 0,21
40 Landes 38 - 0,30
41 Loir-et-Cher 30 - 0,54
42 Loire 54 - 0,62
43 Haute-Loire 71 - 0,50
44 Loire-Atlantique 22 + 0,07
45 Loiret 16 - 0,51
46 Lot 64 - 0,47
47 Lot-et-Garonne 85 - 0,79
48 Lozère 72 - 0,59
49 Maine-et-Loire 51 - 0,45
50 Manche 66 - 0,39
51 Marne 26 - 0,41
52 Haute-Marne 80 - 0,71
53 Mayenne 57 - 0,55
54 Meurthe-et-Moselle 33 - 0,30
55 Meuse 67 - 0,59
56 Morbihan 35 - 0,37
57 Moselle 44 - 0,20
58 Nièvre 74 - 0,66
59 Nord 84 - 0,67
60 Oise 18 - 0,42
61 Orne 79 - 0,83
62 Pas-de-Calais 96 - 0,85
63 Puy-de-Dôme 31 - 0,20
64 Pyrénées-Atlantiques 28 - 0,06
65 Hautes-Pyrénées 58 - 0,67
66 Pyrénées-Orientales 92 - 0,61
67 Bas-Rhin 11 - 0,28
68 Haut-Rhin 10 + 0,20
69 Rhône 12 + 0,03
70 Haute-Saône 62 - 0,68
71 Saône-et-Loire 60 - 0,43
72 Sarthe 45 - 0,57
73 Savoie 15 - 0,03
74 Haute-Savoie 5 + 1,45
75 Paris 1 + 0,91
76 Seine-Maritime 41 - 0,31
77 Seine-et-Marne 6 - 0,14
78 Yvelines 2 + 0,29
79 Deux-Sèvres 56 - 0,60
80 Somme 73 - 0,51
81 Tarn 69 - 0,49
82 Tarn-et-Garonne 83 - 0,67
83 Var 32 - 0,10
84 Vaucluse 81 - 0,72
85 Vendée 46 - 0,34
86 Vienne 43 - 0,51
87 Haute-Vienne 39 - 0,54
88 Vosges 75 - 0,67
89 Yonne 41 - 0,67
90 Territoire de Belfort 29 - 0,24
91 Essonne 4 - 0,21
92 Hauts-de-Seine 3 + 0,98
93 Seine-Saint-Denis 94 - 1,82
94 Val-de-Marne 7 - 0,15
95 Val-d'Oise 8 - 0,60
971 Guadeloupe Non disponible Non disponible
972 Martinique Non disponible Non disponible
973 Guyane Non disponible Non disponible
974 La Réunion Non disponible Non disponible
976 Mayotte Non disponible Non disponible
France métropolitaine - 0,26
  • Note : entre 2008 et 2011, plus le niveau de vie de départ est élevé, plus la croissance entre 2008 et 2011 est élevée.
  • Lecture : le département de rang 1 (Paris) est celui dont le niveau de vie médian de la population est le plus élevé.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, RDL 2008-2011, évolution en euros constants.

Figure 6a – Évolution annuelle moyenne du niveau de vie départemental selon le niveau de vie de départ entre 2008 et 2011

  • Note : entre 2008 et 2011, plus le niveau de vie de départ est élevé, plus la croissance entre 2008 et 2011 est élevée.
  • Lecture : le département de rang 1 (Paris) est celui dont le niveau de vie médian de la population est le plus élevé.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, RDL 2008-2011, évolution en euros constants.

Figure 6b – Évolution annuelle moyenne du niveau de vie départemental selon le niveau de vie de départ entre 2012 et 2017

en %
Figure 6b – Évolution annuelle moyenne du niveau de vie départemental selon le niveau de vie de départ entre 2012 et 2017 (en %) - Lecture : Le département de rang 1 (Paris) est celui dont le niveau de vie médian de la population est le plus élevé.
Départements Rang
en 2012
Évolution annuelle moyenne
entre 2012 et 2017
01 Ain 11 0,87
02 Aisne 89 0,93
03 Allier 72 0,79
04 Alpes-de-Haute-Provence 69 0,81
05 Hautes-Alpes 58 1,01
06 Alpes-Maritimes 24 0,85
07 Ardèche 68 1,01
08 Ardennes 90 1,03
09 Ariège 85 0,66
10 Aube 65 0,65
11 Aude 94 0,97
12 Aveyron 66 0,95
13 Bouches-du-Rhône 39 0,85
14 Calvados 40 0,95
15 Cantal 81 1,23
16 Charente 63 0,83
17 Charente-Maritime 45 0,96
18 Cher 52 0,77
19 Corrèze 55 1,04
21 Côte-d'Or 16 0,63
22 Côtes-d'Armor 41 0,73
23 Creuse 93 1,16
24 Dordogne 80 0,83
25 Doubs 22 1,07
26 Drôme 53 1,01
27 Eure 28 0,67
28 Eure-et-Loir 20 0,48
29 Finistère 29 0,73
2A Corse-du-Sud 49 1,28
2B Haute-Corse 91 1,27
30 Gard 87 1,05
31 Haute-Garonne 8 0,42
32 Gers 50 0,56
33 Gironde 17 0,73
34 Hérault 75 0,98
35 Ille-et-Vilaine 21 0,62
36 Indre 73 0,73
37 Indre-et-Loire 27 0,60
38 Isère 14 0,81
39 Jura 38 1,08
40 Landes 35 0,67
41 Loir-et-Cher 36 0,63
42 Loire 56 0,86
43 Haute-Loire 57 0,80
44 Loire-Atlantique 18 0,94
45 Loiret 19 0,40
46 Lot 62 0,95
47 Lot-et-Garonne 84 0,73
48 Lozère 79 0,99
49 Maine-et-Loire 51 0,92
50 Manche 67 1,16
51 Marne 30 0,73
52 Haute-Marne 83 1,09
53 Mayenne 61 0,90
54 Meurthe-et-Moselle 32 0,83
55 Meuse 70 0,81
56 Morbihan 34 0,79
57 Moselle 37 1,02
58 Nièvre 74 0,94
59 Nord 86 1,01
60 Oise 23 0,71
61 Orne 82 0,89
62 Pas-de-Calais 95 1,11
63 Puy-de-Dôme 26 0,75
64 Pyrénées-Atlantiques 25 0,54
65 Hautes-Pyrénées 54 0,53
66 Pyrénées-Orientales 92 0,97
67 Bas-Rhin 10 0,31
68 Haut-Rhin 7 0,39
69 Rhône 12 0,82
70 Haute-Saône 71 1,12
71 Saône-et-Loire 60 0,93
72 Sarthe 47 0,88
73 Savoie 13 0,92
74 Haute-Savoie 4 1,14
75 Paris 1 0,75
76 Seine-Maritime 42 0,78
77 Seine-et-Marne 6 0,48
78 Yvelines 3 0,24
79 Deux-Sèvres 59 0,88
80 Somme 78 0,92
81 Tarn 64 0,70
82 Tarn-et-Garonne 77 0,70
83 Var 33 0,90
84 Vaucluse 88 0,97
85 Vendée 44 1,02
86 Vienne 43 0,63
87 Haute-Vienne 46 0,78
88 Vosges 76 0,80
89 Yonne 48 0,65
90 Territoire de Belfort 31 1,05
91 Essonne 5 0,12
92 Hauts-de-Seine 2 0,67
93 Seine-Saint-Denis 96 0,30
94 Val-de-Marne 9 0,33
95 Val-d'Oise 15 0,35
971 Guadeloupe Non disponible Non disponible
972 Martinique Non disponible Non disponible
973 Guyane Non disponible Non disponible
974 La Réunion Non disponible Non disponible
976 Mayotte Non disponible Non disponible
France métropolitaine 0,77
  • Lecture : Le département de rang 1 (Paris) est celui dont le niveau de vie médian de la population est le plus élevé.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, Filosofi 2012-2017, évolution en euros constants.

Figure 6b – Évolution annuelle moyenne du niveau de vie départemental selon le niveau de vie de départ entre 2012 et 2017

  • Lecture : Le département de rang 1 (Paris) est celui dont le niveau de vie médian de la population est le plus élevé.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, Filosofi 2012-2017, évolution en euros constants.

Depuis 2012, ces écarts entre départements s’atténuent, tout comme entre les aires d’attraction des villes

Entre 2012 et 2017, les écarts entre départements se sont en partie réduits. Le niveau de vie médian des habitants dans les dix départements les plus modestes a progressé annuellement de 0,9 % en euros constants soit deux fois plus que pour la population des dix départements les plus aisés (+ 0,5 % en moyenne annuelle). Les inégalités entre départements restent toutefois supérieures à 2008.

À une échelle géographique plus fine, , les disparités selon la taille des aires d’attraction des villes se sont également réduites : le niveau de vie a moins augmenté dans les aires les plus grandes, dont les habitants sont en moyenne plus aisés, que dans les aires plus petites. Sur cette période, le niveau de vie médian a ainsi progressé de 0,4 % par an en euros constants dans l’aire de Paris, contre + 0,9 % dans les aires les plus petites et + 1,0 % par an en moyenne dans les communes hors attraction des villes. Si la situation se rééquilibre entre aires de taille différente, c’est l’inverse à l’intérieur des aires. Le niveau de vie augmente davantage pour les habitants des couronnes des aires, dont la situation était déjà plus favorable, que pour ceux des pôles. Ce constat vaut pour toutes les tailles d’aires. À titre d’illustration, dans les couronnes des aires de 200 000 à 700 000 habitants, le niveau de vie médian s’accroît de 0,8 % par an en euros constants, contre + 0,6 % dans les pôles correspondants. Quelques aires font toutefois exception. Dans les aires de La Rochelle, Bayonne et Toulon, le niveau de vie progresse plus vite pour les habitants du pôle que pour ceux de la couronne.

Entre 2008 et 2011, les écarts entre hauts et bas revenus se sont accrus au sein de tous les départements

Entre 2008 et 2011, les inégalités ont augmenté au niveau national, avec la hausse du niveau de vie des plus aisés (+ 0,5 % par an en euros constants au niveau national) et la baisse du niveau de vie des plus modestes (– 1,2 %) (figure 7). Cette augmentation se retrouve dans quasi tous les départements. La baisse du niveau de vie des plus modestes concerne tous les départements mais est plus marquée dans les départements des Hauts-de-France, de l’Île-de-France, de Grand Est et certains situés dans le Sud (Ariège, Aude, Hérault). La Corse et le Cantal font exception pour des raisons différentes. Pour le Cantal, l’évolution favorable tient notamment à l’importance dans l’ensemble des revenus des pensions de retraites, plus stables, et au retour au département natal de retraités ayant bénéficié de carrières relativement bien rémunérées. Pour la Corse, s’y ajoute une hausse de l’emploi salarié plus forte qu’ailleurs. En effet, la population a augmenté (+ 1,1 % par an en moyenne entre 2007 et 2012) portée par l’arrivée de nouveaux habitants, ce qui a favorisé le développement de l’emploi présentiel. Le niveau de vie plancher des 10 % les plus aisés n’a baissé, lui, que pour une minorité de départements (moins d’une trentaine), et au maximum de 0,3 % par an en euros constants. Il a sensiblement augmenté dans certains départements où la situation des plus aisés était déjà très favorable, notamment en Haute-Savoie, dans l’Ain, dans le Haut-Rhin et à Paris. Dans ces départements, la hausse des inégalités est donc aussi due à la hausse du niveau de vie des personnes les plus aisées.

Figure 7a – Évolution du rapport interdécile de chaque département entre 2008 et 2011

Figure 7a – Évolution du rapport interdécile de chaque département entre 2008 et 2011 - Lecture : dans le Bas-Rhin, les inégalités ont augmenté entre 2008 et 2011. Le rapport interdécile a augmenté de plus de 0,18.
Départements Évolution du rapport interdécile
entre 2008 et 2011
01 Ain 0,38
02 Aisne 0,15
03 Allier 0,07
04 Alpes-de-Haute-Provence 0,11
05 Hautes-Alpes 0,09
06 Alpes-Maritimes 0,15
07 Ardèche 0,10
08 Ardennes 0,19
09 Ariège 0,19
10 Aube 0,14
11 Aude 0,20
12 Aveyron 0,03
13 Bouches-du-Rhône 0,23
14 Calvados 0,13
15 Cantal 0,00
16 Charente 0,14
17 Charente-Maritime 0,10
18 Cher 0,11
19 Corrèze 0,05
21 Côte-d'Or 0,14
22 Côtes-d'Armor 0,06
23 Creuse 0,10
24 Dordogne 0,09
25 Doubs 0,28
26 Drôme 0,16
27 Eure 0,11
28 Eure-et-Loir 0,14
29 Finistère 0,09
2A Corse-du-Sud 0,07
2B Haute-Corse 0,07
30 Gard 0,17
31 Haute-Garonne 0,16
32 Gers 0,10
33 Gironde 0,12
34 Hérault 0,21
35 Ille-et-Vilaine 0,11
36 Indre 0,09
37 Indre-et-Loire 0,10
38 Isère 0,14
39 Jura 0,16
40 Landes 0,10
41 Loir-et-Cher 0,09
42 Loire 0,11
43 Haute-Loire 0,02
44 Loire-Atlantique 0,13
45 Loiret 0,14
46 Lot 0,07
47 Lot-et-Garonne 0,08
48 Lozère 0,11
49 Maine-et-Loire 0,09
50 Manche 0,08
51 Marne 0,14
52 Haute-Marne 0,08
53 Mayenne 0,07
54 Meurthe-et-Moselle 0,17
55 Meuse 0,12
56 Morbihan 0,10
57 Moselle 0,20
58 Nièvre 0,11
59 Nord 0,21
60 Oise 0,14
61 Orne 0,11
62 Pas-de-Calais 0,15
63 Puy-de-Dôme 0,10
64 Pyrénées-Atlantiques 0,09
65 Hautes-Pyrénées 0,09
66 Pyrénées-Orientales 0,16
67 Bas-Rhin 0,20
68 Haut-Rhin 0,42
69 Rhône 0,18
70 Haute-Saône 0,09
71 Saône-et-Loire 0,08
72 Sarthe 0,13
73 Savoie 0,11
74 Haute-Savoie 0,70
75 Paris 0,30
76 Seine-Maritime 0,15
77 Seine-et-Marne 0,15
78 Yvelines 0,16
79 Deux-Sèvres 0,06
80 Somme 0,17
81 Tarn 0,11
82 Tarn-et-Garonne 0,13
83 Var 0,15
84 Vaucluse 0,16
85 Vendée 0,07
86 Vienne 0,12
87 Haute-Vienne 0,14
88 Vosges 0,13
89 Yonne 0,09
90 Territoire de Belfort 0,23
91 Essonne 0,17
92 Hauts-de-Seine 0,19
93 Seine-Saint-Denis 0,18
94 Val-de-Marne 0,25
95 Val-d'Oise 0,23
971 Guadeloupe Non disponible
972 Martinique Non disponible
973 Guyane Non disponible
974 La Réunion Non disponible
976 Mayotte Non disponible
France métropolitaine 0,18
  • Lecture : dans le Bas-Rhin, les inégalités ont augmenté entre 2008 et 2011. Le rapport interdécile a augmenté de plus de 0,18.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, RDL 2008-2011

Figure 7a – Évolution du rapport interdécile de chaque département entre 2008 et 2011

  • Lecture : dans le Bas-Rhin, les inégalités ont augmenté entre 2008 et 2011. Le rapport interdécile a augmenté de plus de 0,18.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, RDL 2008-2011

Depuis 2012, les disparités au sein des départements se réduisent, sous l’effet de la hausse des revenus les plus modestes

Depuis 2012, les inégalités au sein des départements ont tendance à s’atténuer. Au niveau national, le niveau de vie plafond des 10 % d’individus les plus modestes augmente (+ 0,5 % par an en euros constants entre 2012 et 2017) alors que le niveau de vie plancher des 10 % les plus aisés stagne (+ 0,1 %). La réduction des inégalités de revenus à l’intérieur des départements est générale. Depuis 2012, le rapport interdécile du niveau de vie n’augmente dans aucun département. Paris reste le département de métropole où le rapport interdécile est le plus élevé. Les 10 % de Parisiens les plus aisés ont un niveau de vie plus de 6 fois supérieur aux 10 % les plus modestes. Mais, entre 2012 et 2017, ce rapport a reculé de 0,5 point. À l’opposé, la Vendée est le département le moins inégalitaire : le rapport interdécile, de 2,6, a également baissé entre 2012 et 2017.

Dans les départements des Hauts-de-France et de l’ancienne région Languedoc-Roussillon, le niveau de vie des plus modestes a progressé fortement, entraînant le recul des inégalités. Dans d’autres territoires toutefois, la diminution des inégalités est plus due à la diminution des revenus des individus aisés qu’à une augmentation des revenus des individus modestes. Dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, les 10 % d’habitants les plus aisés disposent, en 2017, de revenus inférieurs à ceux observés cinq ans plus tôt (– 0,3 % en moyenne annuelle en euros constants dans le Bas-Rhin, l’une des baisses départementales les plus importantes). La Haute-Garonne présente des caractéristiques similaires avec un 9e décile de niveau de vie du département en baisse depuis 2012 de 0,1 % chaque année en euros constants. Dans ces départements les inégalités y reculent donc davantage par un recul du niveau de vie des individus à hauts revenus que par une hausse réelle du niveau de vie des plus modestes, le premier décile augmentant moins que dans le reste de la France.

Au total, pour seulement 7 départements (Finistère, Haute-Loire, Lot, etc.) la baisse des inégalités est supérieure entre 2012 et 2017 à l’augmentation entre 2008 et 2011. Pour tous les autres départements la réduction des inégalités à l’intérieur des départements depuis 2012 n’a pas permis d’effacer son augmentation entre 2008 et 2011.

Encadré – En Europe

La France est, au regard des autres membres de l’Union européenne, un pays relativement égalitaire même s’il s’y exprime des disparités géographiques que l’on retrouve ailleurs en Europe. L’analyse des revenus disponibles (exprimés en parité de pouvoir d’achat, source Eurostat) à l’échelle des régions européennes fait apparaître en effet des contrastes internes que l’on retrouve dans nombre de pays.

D’une part, les régions NUTS2 qui accueillent des capitales se distinguent par un niveau de revenu moyen supérieur. Ainsi les ménages de la région de Stockholm ont un revenu disponible 13 % plus élevé qu’en moyenne en Suède en 2018 ; le niveau est supérieur de 26 % dans la communauté de Madrid par rapport à celui de l’Espagne, de 13 % en Attique par rapport à la Grèce, de 36 % dans la région de Varsovie par rapport à la Pologne et même de 88 % pour la région de Bucarest par rapport à la moyenne roumaine. Les ménages d’Île-de-France ont un revenu disponible de 17 % au-dessus de la moyenne française.

D’autre part, des pays tels que l’Italie ou l’Espagne connaissent des situations très spécifiques, avec des écarts de revenus importants entre régions du Nord et du Sud. Les ménages du Pays basque espagnol ont un revenu disponible 65 % plus élevé que celui des ménages andalous. De même, au nord de l’Italie, les ménages de la province autonome de Bolzane-Haut-Adige ont un revenu disponible moyen environ égal au double de celui des Calabrais. En Allemagne, plus de trente ans après la réunification, les différences entre l’Est et l’Ouest restent marquées en faveur de l’Ouest, avec par exemple une différence de 47 % entre les revenus des ménages de la plus riche des régions, la Haute-Bavière, et ceux reçus dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, la plus pauvre des régions. La France ne connaît pas un écart aussi grand, du moins en métropole. Les ménages de la région la plus riche, l’Île-de-France, ont un revenu supérieur de 36 % par rapport à ceux de l’ancienne région Nord-Pas-de-Calais, mais il est bien supérieur à ceux de Guyane (deux fois plus élevé) et à ceux de Mayotte (plus de trois fois plus élevé).

Sources

Le dispositif Revenus disponibles localisés (RDL) permet d’observer les niveaux, les disparités et les inégalités de niveau de vie des ménages fiscaux jusqu’en 2011. Le niveau géographique le plus fin disponible est celui du département sur le champ de la France métropolitaine. Cette source est désormais remplacée par le dispositif Filosofi depuis 2012, qui fournit aussi des indicateurs à un niveau infra-départemental. Il s’appuie sur les sources fiscales et sociales. Dans les DOM, il ne couvre que la Martinique et La Réunion, et ce depuis 2014, du fait de la moindre qualité des sources administratives, notamment l’adressage.

Le passage de RDL à Filosofi crée une rupture de série. C’est pour cette raison que l’étude a porté sur deux périodes : 2008-2011 d’une part et 2012-2017 d’autre part. De plus, seules des comparaisons entre deux années distantes peuvent être effectuées, avec des précautions et de la prudence dans les interprétations et les commentaires. Le fait de réaliser des comparaisons sur deux années éloignées conduit en effet à réduire l’impact des changements de législation ou des changements de méthode, au moins pour la médiane, à condition que le zonage choisi ne soit pas trop fin.

Réalisée par l’Insee en métropole et dans tous les DOM en 2017, l’enquête Budget de famille (BDF) permet de calculer des indicateurs de pauvreté et d’inégalités monétaires sur tous les DOM et ainsi de comparer ces territoires entre eux et avec la France métropolitaine. Dans cette étude, les données pour la Guadeloupe, la Guyane et Mayotte proviennent de cette source.

Définitions

Le revenu disponible d’un ménage comprend les revenus d’activité (nets des cotisations sociales), les revenus du patrimoine, les transferts en provenance d’autres ménages et les prestations sociales (y compris les pensions de retraite et les indemnités de chômage), nets des impôts directs.

Les dépenses d’un ménage de plusieurs personnes ne sont pas strictement proportionnelles au nombre de personnes, grâce aux économies d’échelle issues de la mise en commun de certains biens. Aussi, pour comparer les revenus disponibles de personnes vivant dans des ménages de taille ou de composition différente, on utilise une mesure du revenu par unité de consommation, à l’aide d’une échelle d’équivalence. L’échelle la plus utilisée actuellement consiste à décompter 1 unité de consommation (UC) pour le premier adulte du ménage, puis 0,5 UC pour les autres personnes de 14 ans ou plus, et 0,3 UC pour les enfants de moins de 14 ans.

Le niveau de vie correspond au revenu disponible du ménage rapporté au nombre d’unités de consommation. Le niveau de vie est donc le même pour toutes les personnes d’un même ménage.

En ordonnant une distribution de niveaux de vie, les déciles (notés D1 à D9) sont les valeurs qui partagent cette distribution en 10 parties d’effectifs égaux. La médiane partage la population en deux sous-populations égales. Le rapport interdécile est le rapport de D9 à D1.

Les ménages pauvres sont ceux qui ont les niveaux de vie les plus faibles et se situent dans les 2 premiers déciles de la population (les 20 % les plus modestes) ; les ménages riches sont ceux qui ont les niveaux de vie les plus élevés et se situent dans les 2 derniers déciles de la population (les 20 % les plus riches). Les ménages à revenus médians sont les 20 % de ménages au milieu de la distribution.

L'aire d’attraction d’une ville est l’ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constitué d’un pôle de population et d’emploi et d’une couronne qui rassemble les communes dont au moins 15 % des actifs travaillent dans le pôle. Les 699 aires sont classées suivant le nombre total d’habitants de l’aire. Les principaux seuils retenus sont : 700 000 habitants, 200 000 habitants et 50 000 habitants. Les aires dont le pôle est situé à l’étranger sont classées dans la catégorie correspondant à leur population totale (française et étrangère).

Le pôle de l’aire d’attraction d’une ville est l’ensemble de communes contiguës déterminé principalement à partir de critères de densité et de population totale, suivant une méthodologie cohérente avec celle de la grille communale de densité. Un seuil d’emplois est ajouté de façon à éviter que des communes essentiellement résidentielles, comportant peu d’emplois, soient considérées comme des pôles.

La couronne de l’aire d’attraction d’une ville est l’ensemble des communes de l’aire d’attraction d’une ville à l’exclusion de son pôle. Ce sont des communes dont au moins 15 % des actifs résidents travaillent dans le pôle de l’aire et qui ne sont pas déjà attirées par un pôle de niveau plus élevé d’une autre aire.

Une commune hors attraction des villes est une commune située hors des pôles et hors des couronnes des aires d’attraction des villes.

Aerts A.-T., Chirazi S., « Les revenus des ménages entre 2002 et 2007 - Un rééquilibrage entre territoires mais des disparités dans les pôles urbains », Insee Première n° 1309, août 2010.

Audoux L., Mallemanche C., Prévot P., « Une pauvreté marquée dans les DOM, notamment en Guyane et à Mayotte », Insee Première n° 1804, juillet 2020.

Blasco J., Picard S., « Quarante ans d’inégalités de niveau de vie et de redistribution en France (1975-2016) », in France, portrait social, coll. « Insee Références », édition 2019.

Floch J.-M., « Des revenus élevés et en plus forte hausse dans les couronnes des grandes aires urbaines », in France, portrait social, coll. « Insee Références », édition 2014.

Garnier M., Kaldi M., « Ouvrir dans un nouvel ongletLes inégalités de revenus », Fiche d’analyse de l’Observatoire des territoires - CGET, septembre 2017.

Molina V., « Un niveau de vie et des disparités de revenus plus élevés en Île-de-France et dans les communes denses », Insee Focus n° 196, juin 2020.

Robin M., « Davantage de personnes vivent dans un ménage médian dans les régions de l’Ouest », Insee Focus n° 148, mars 2019.

Selon l’enquête Budget de famille.

Les données de la source RDL mobilisées pour les analyses de 2008 à 2011 ne sont disponibles qu’au niveau départemental, et non par commune comme Filosofi. En effet, à partir de 2012, l’Insee a construit le dispositif Filosofi en utilisant les déclarations de revenu et les données sociales pour permettre d’analyser plus finement les revenus. Les traitements étant différents avec RDL, il y a eu une rupture de série qui explique le choix des deux sous-périodes : 2008-2011 avec RDL et 2012-2017 avec Filosofi.

Selon l’enquête Budget de famille.

Les données de la source RDL mobilisées pour les analyses de 2008 à 2011 ne sont disponibles qu’au niveau départemental, et non par commune comme Filosofi. En effet, à partir de 2012, l’Insee a construit le dispositif Filosofi en utilisant les déclarations de revenu et les données sociales pour permettre d’analyser plus finement les revenus. Les traitements étant différents avec RDL, il y a eu une rupture de série qui explique le choix des deux sous-périodes : 2008-2011 avec RDL et 2012-2017 avec Filosofi.